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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 00:01

Jamais sans ma fille Présentation de l'éditeur :

 

Dans l'avion qui l'emmène à Téhéran avec son mari, d'origine iranienne, et sa fille, pour quinze jours de vacances, Betty a le sentiment d'avoir commis une erreur irréparable... Quelques jours plus tard, son existence bascule dans le cauchemar. Le verdict tombe : "Tu ne quitteras jamais l'Iran ! Tu y resteras jusqu'à ta mort." En proie au pouvoir insondable du fanatisme religieux, son mari se transforme en geôlier. Elle n'a désormais qu'un objectif : rentrer chez elle, aux Etats-Unis, avec sa fille. Quitter ce pays déchiré par la guerre et les outrances archaïques : ce monde incohérent où la femme n'existe pas. Pour reconquérir sa liberté, Betty mènera deux ans de lutte incessante. Humiliations, séquestration, chantage, violences physiques et morales. Rien ne lui sera épargné.

 

 

 

Ma lecture : 

 

Captivante lecture que ce récit autobiographique d'une femme qui nous livre son combat pour échapper à l'Iran où son mari l'a enfermée avec sa fille de 4 ans. Les 460 pages ont été expédiées en 2 jours. Sachant très bien que ma fille à moi me réveillerait le lendemain vers 5h30, sans se soucier de mes lectures, je n'ai pas pu lâcher ce livre avant d'en connaître la fin (vers minuit...). En fait, la fin, on la connaît : car c'est Betty, la maman qui raconte ici son histoire. Et pas un instant on n'imagine qu'elle puisse rentrer sans sa fille. Mais la véritable question c'est "comment" ? En combien de temps ? Que vont-elles devoir sacrifier avant de rejoindre leur famille aux Etats-Unis ? Qu'est-ce qui peut lui permettre, du fond de cette captivité, de trouver l'issue et le moyen de rentrer chez elle ?

 

Quand on lit cette histoire, il faut régulièrement se rappeler que ce récit est la réalité : celle de Betty et de sa petite fille Mahtob. Une vie de roman. Et une évasion extraordinaire ! Une issue qui ne peut que nous faire penser à toutes ces femmes qui n'auront pas la pugnacité, le courage (l'inconscience ?) de Betty pour tenter leur chance. A toutes celles qui tenteront l'aventure mais qui n'auront pas la chance de leur côté. Parce que combien de fois les plans de Betty ont été contrecarrés, par Moddy, son mari, mais aussi par la famille de celui-ci, et par toutes ces femmes qui veulent conserver le peu de normalité, de stabilité, qu'elles ont pu acquérir au fil des ans et qui ne souhaitent pas tout perdre, ne serait-ce qu'en écoutant Betty. Combien de fois au cours de leur évasion les choses auraient-elles pu mal tourner ? Combien de femmes restent-elles ainsi dans ce pays, enfermées contre leur gré ?

 

Le récit de Betty se déroule au mileu des années 1980. Nous sommes en pleine guerre Iran-Irak, à une période où il ne fait donc pas bon être américaine en Iran. Et cette guerre ne fait sûrement que renforcer la tension au sein de la famille Mahmoody. Qu'en serait-il aujourd'hui ? Des femmes sont-elles encore contraintes de rester prisonnières dans ce pays ? Les choses se passent-elles toujours ainsi ? On a du mal à imaginer qu'aujourd'hui encore des femmes puissent vivre de tels enfers...

 

Ce récit m'a rendue curieuse de la situation actuelle en Iran. De la vie de ces femmes, iraniennes ou étrangères alliées à un homme iranien. Avec la fin de la guerre puis l'arrivée de Mohammad Khatami en 1997 à la tête du pouvoir iranien, on peut supposer que les choses ont évolué dans le sens du droit des femmes. Mais pour garder en mémoire le roman de Khaled Hosseini,  Mille soleils splendides, dont l'histoire se déroule de nos jours dans l'Afghanistan voisin, je ne peux m'empêcher de douter que les choses aient avancé autant que les femmes pourraient l'attendre.

 

Un petit bémol cependant sur ce livre, mais dont j'ai eu du mal à faire abstraction pendant ma lecture tant ces détails m'ont chagrinée. Le récit est celui de Betty, une femme née en Amérique en 1945, une femme visiblement profondément croyante, mais si elle n'était guère pratiquante avant de se retrouver ainsi prisionnière en pays étranger. Et tout au long du livre, c'est une succession de considérations culturelles et religieuses qu'elle nous offre. Je n'ai pu m'empêcher d'y lire de la réprobation, du mépris, de l'arrogance. Hors de l'Amérique, de l'Occident, et de la culture chrétienne, point de Salut. Et cette vision du monde m'a grandement ennuyée. Il est difficile dans ces circonstances de ne pas comprendre le ressentiment du reste du monde à l'égard de cette toute-puissance américaine. J'ai du mal à imaginer que l'ensemble des iraniens aient ainsi pu être à ce point incultes, sales et négligents que nous le laisse entrevoir Betty.

 

"L'Iran est l'exemple type de ces nations du tiers monde où la différence entre les deux couches de la population, pauvre et riche, est particulièrement importante." (Jamais sans ma fille - Betty Mahmoody, Pocket, page 63).

Je n'ai pas aimé ce genre de sentences présentes continuellement dans le livre, où l'Amérique se donne une place de grand seigneur, sûr de sa suprématie culturelle, religieuse... Parce que ce livre laisse apparaître également une petite guerre des religions : celle de Betty contre celle de Moody.

 

"Dieu, que je hais la guerre ! Je ne comprends pas un pays fait de gens si prêts à tuer et si prêts à pourir. C'est la différence la plus forte - et pour les Américains, le mystère le plus insondable - qui sépare la culture américaine de celle de pays relativement défavorisés." (Jamais sans ma fille - Betty Mahmoody, Pocket, page 191).

 

Mais ne boudons pas trop longtemps : ce livre est néanmoins le récit autobiographique d'une femme, retenue contre son gré avec sa fille en Iran, pays de son époux. C'est l'histoire du combat de cette femme pour sortir sa fille des griffes d'une société où la femme n'est qu'un bien parmi les autres. Régulièrement il faut se dire qu'il ne s'agit pas d'un roman mais bel et bien de l'histoire de Betty et de Mohtab... Et cela fait froid dans le dos.

 

Extraits :

 

"Les journées entières de discussion sont suivies par des nuits de peur et de tension. Pendant plusieurs semaines, les raids se sont renouvelés toutes les deux ou trois nuits. Maintenant ils sont qotidiens. Chaque soir à la tombée du jour, Mahtob se pleint de maux d'estomac. Nous passons des heures dans la salle de bains à prier, pleurer et trembler. Nous avons abandonné notre lit pour dormir sous la table de la salle à manger, enveloppés dans des couvertures pour nous protéger des éclats de verre. Un raid de bombardiers, c'est l'horreur indicible, la pire que l'on puisse imaginer." (Jamais sans ma fille - Betty Mahmoody, Pocket, page 189).

 

"Mahtob ! Pauvre petite Mahtob qui va avoir si peur. Je cours à la porte dans un élan désespéré, mais elle est verrouillée, bien entendu. Et je suis piégée au premier étage de cet appartement. Je recule, malade d'angoisse. Je ne songeais pas à me protéger. Je me suis souvenue des termes de la lettre de John : "Je t'en prie, fais attention à Mahtob, garde-la toujours à tes côtés." Je pleure sur ma fille les plus profondes, les plus noires, les plus douloureuses larmes que j'aie jamais pleurées et que je ne pourrai pleurer de ma vie."(Jamais sans ma fille - Betty Mahmoody, Pocket, page 281).

 

 

**********

 

 

Une lecture inspirée par le challenge de Calypso, "Un mot, des titres" et dont le thème était le mot "fille". Il s'agit également d'une lecture d'une "plume au féminin" et qui me permet de lire une biographie pour le challenge de Valérie.

 

Un-mot-des-titres   LaPlumeauféimin1  lecturesgenre

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

isallysun 23/10/2012 21:44


Je n'aime pas trop les (auto)biographies, mais celle-ci me semble intéressante

Gaëlle 25/10/2012 21:08



C'est autant un documentaire qu'une biographie. Je te le conseille effectivement.



Mélo 19/07/2012 02:26


Je l'ai lu quand je devais avoir 15 ans puis vu le film aussi après. J'ai aussi et surtout lu "Vendues" de Betty Mahmoody également qui m'a beaucoup plus parlé. C'est l'histoire (vraie) de deux
soeurs anglaises vendues par leur père au Yémen. Il m'a beaucoup touchée.
Tu as eu raison de relever que l'Amérique s'en sort un peu trop victorieuse. Les phrases que tu cites sont bien trop simplistes. En y repensant, je me souviens aussi de cette Amérique toute
belle, toute blanche et toute puissante dans le récit...

Gaëlle 24/07/2012 09:28



C'est vrai que parfois, la vision de Betty sur l'Amérique semble un peu simpliste. Mais il faut aussi se rappeler qu'elle a vécu cette histoire au début des années 1980. Je pense que l'image que
peuvent avoir les américains de leur pays a peut-être évolué depuis. Ensuite, Betty n'est pas une politologue mais une américaine "moyenne". J'ai essayé de relativiser sur ce point pendant ma
lecture...


Je note "vendues", pour plus tard.



Opaline 18/07/2012 01:31


Merci pour ta participation à La plume au féminin!

Gaëlle 18/07/2012 07:56



De rien ;-)


Je viens de terminer un livre qui en fera également partie... et qui est un réel coup de coeur. Le billet paraîtra le 27 juillet.



Fred d'Allemagne 15/07/2012 17:32


Je fais le tour des billets déjà publié de la session 9 du Challenge. "Jamais sans ma fille", je me souviens de l'avoir lu il y a une dizaine d'année, j'étais en fin d'adolescence, je rêvais
d'une famille mais tout cela était encore lointain. Je me souviens de l'angoisse que ce livre avait fait naitre en moi, de la peur que je ressentais pour cette mère, pour cette fille...
Maintenant que je suis moi-meme mère, je me refuse à le relire - les émotions risqueraient d'etre "trop" fortes. J'ai aussi repensé à ce livre lorsque récemment dans le Monde, je lisais un
article sur un père francais dont la femme avait enlevé les enfants et était reparti en Iran. Après des années de lutte, il est parvenu à les retrouver et à les faire rentrer en France. La grande
difficulté des couples bi-nationaux dont les cultures sont tout à fait opposées...
Merci pour ce billet

Gaëlle 15/07/2012 18:01



En effet, la maternité m'a fait vivre cette histoire d'une manière certainement encore plus forte.



Adalana 15/07/2012 10:39


J'ai toujours eu envie de le lire, merci pour le rappel !

Gaëlle 15/07/2012 12:43



De rien. C'est effectivement un témoignage stupéfiant, par l'énergie déployée par Betty.



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