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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 00:01

une-place-a-prendre Rowling

Auteur : J. K. Rowling

Titre : Une place à prendre

 

Broché : 680 pages

Editeur : Grasset

Sortie 28 septembre 2012

 


Mon avis :    5 étoiles

 

 


Présentation de l'éditeur :


Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie. Attendue de tous, J.K. Rowling revient là où on ne l’attendait pas et signe, avec ce premier roman destiné à un public adulte, une fresque féroce et audacieuse, teintée d’humour noir et mettant en scène les grandes questions de notre temps.

 

Ma lecture :

 

Je ne sais pas bien à quoi je m'attendais... mais certainement pas à engloutir les 680 pages que comptent ce roman aussi rapidement !!!

 

Je n'ai jamais lu les aventures de Harry Potter : je partais donc sans idées préconçues quant aux talents d'écrivain de Mme Rowling. J'ai pourtant vu quelqu'uns des films tirés de ses romans et j'avoue avoir été un peu surprise de ne pas retrouver l'ambiance fantastique de la série qui a fait son succès. Le résumé en quatrième de couverture ne laissait rien présager de tel mais enfin, sa réputation est tenace.

 

Quoiqu'il en soit, sitôt les personnages de ce roman présentés, j'ai pleinement plongé dans ce récit, quasiment ethnographique, d'un petit village du sud ouest de l'Angleterre. J'ai souri dans les premières pages, la quatrième de couverture faisant référence à l'humour noir de l'écrivain... Mais très vite, j'ai pris cette histoire avec beaucoup plus de gravité. Parce que ce roman est tout sauf léger. Ce sont les rancunes, les secrets, les troubles psychologiques plus ou moins graves, les espoirs déçus, la violence ou la soumission, la misère... des uns et des autres qui nous sont décrits ici avec une précision et une justesse particulièrement saisissantes. Dans son premier roman pour adultes, J. K. Rowling porte un regard aiguisé sur la psychologie de ses personnages. Certes, les caractères sont plutôt négatifs ; ce qui rend d'ailleurs celui de Barry, celui dont la place est à prendre et dont l'absence éclaire tout le récit, particulièrement séduisant et lumineux.

 

Sur la forme, la lecture est fluide, alternant chapitres après chapitres les visions des protagonistes de l'histoire. L'auteure a su construire un suspens à l'image des meilleurs polars. Page après pages, chapitre après chapitres, le lecteur est happé par le récit dans l'espoir d'un dénouement à la hauteur de sa lecture. De ce côté non plus je n'ai pas été déçue.

 

Sur le fond, l'auteur nous présente un portrait ethnographique de la petite bourgade de Pagford qui paraît comme un camp retranché de la campagne anglaise, refusant la confrontation avec la réalité sociale contemporaine. Car ce qui cristallise essentiellement toutes les tensions et fait ressortir au grand jour ce que chacun a jalousement tenté de garder pour lui, c'est la place que la communauté souhaite donner, ou pas, aux Champs. Les Champs, c'est une cité comme nous en connaissons tous, un lieu fantasmagorique, au sens où chacun y projette ses pires cauchemards. C'est un lieu où les populations vivent dans un grande précarité et accumulent les obstacles : chômage, pauvreté, isolement, instabilité familiale, misère, addictions en tous genres, maltraitances...

 

C'est dans cet environnement des Champs qu'essayent de survivre Krystal et Robbie. Le destin de ces deux enfants de la misère m'a particulièrement touchée. A l'heure où l'on parle d'égalité des chances, d'égal accès à l'éducation, à la culture, à l'emploi... Aujourd'hui, à la date du 23ème anniversaire de l'adoption par l'Assemblée Générale des Nations Unies de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, on voit que beaucoup de choses restent à faire. Parce que ce livre montre aussi combien les bonnes volontés ne suffisent pas et sont souvent trahies par un système aveugle aux difficultés individuelles. Et ce quels que soient les milieux : aux Champs comme ailleurs à Pagford, dans le secret du foyer.

 

La conclusion du roman laisse un arrière-goût amer, empli de regrets et d'un sentiment d'injustice particulièrement révoltant. C'est ce sentiment de révolte qui prédomine une fois le livre refermé, accompagné d'une notion d'urgence. Urgence à témoigner, à rendre compte, à mobiliser et à faire changer les choses. Je ne sais pas si telle était l'intention de J. K. Rowling en écrivant ce roman... Mais j'ai été particulièrement surprise et séduite par l'acuité dont elle a su faire preuve au long de ces 680 pages dans la description du monde contemporain. Un témoignage réussi.


Village du Kent (UK)

 

 

Quand on sait que la France de 2012 se positionne parmi les moins bons élèves des pays les plus riches lorsque l'on étudie la pauvreté des enfants, ce livre laisse songeur... La France se situe au 14ème rang des 35 pays étudiés, avec 8,8% d’enfants pauvres si l’on considère la « pauvreté relative » (soit plus de 2 millions !). Et si l’on retient comme indicateur un « taux de privation », la France compte 10,1% d’enfants pauvres.

Cf le rapport du  centre de recherche Innocenti de l'UNICEF - Mesurer la pauvreté des enfants - 2012.

 

 

 

**********

 

Une lecture réalisée dans le cadre du " match de la rentrée littéraire 2012" proposé par  Priceminister. 

Merci beaucoup pour cette découverte !

J'accorde la note de 18/20 à cet ouvrage.

 

Rentrée-Littérraire-V2-logo

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage directement sur le site de Priceminister en cliquant sur le lien ci-dessus.

 

 

Une lecture à inscrire également au défi "Une plume au féminin" proposé par  Opaline - Biblimaginaire.

 

LaPlumeauféimin1    


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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 00:01

Lady Susan Présentation de l'éditeur :


Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...

Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

 

Un mot sur l'auteur :


Jane Austen, née le 16 décembre 1775 à Steventon, dans le Hampshire en Angleterre et morte le 18 juillet 1817 à Winchester, dans le même comté, est une femme de lettres anglaise.

Son réalisme, sa critique sociale mordante et sa maîtrise du discours indirect libre, son humour décalé et son ironie ont fait d'elle l'un des écrivains anglais les plus largement lus et aimés.

Toute sa vie, Jane Austen demeure au sein d'une cellule familiale étroitement unie, Jane_Austen.gifappartenant à la petite gentry anglaise. Elle doit son éducation en grande partie à son père et à ses frères aînés, ainsi qu'à ses propres lectures. Le soutien sans faille de sa famille est essentiel pour son évolution en tant qu'écrivain professionnel. L'apprentissage artistique de Jane Austen s'étend du début de son adolescence jusqu'à sa vingt-cinquième année environ. Durant cette période, elle s'essaie à différentes formes littéraires, y compris le roman épistolaire qu'elle expérimente avant de l'abandonner, et écrit et retravaille profondément trois romans majeurs, tout en en commençant un quatrième.

Les intrigues de Jane Austen, bien qu'essentiellement de nature comique, c'est-à-dire avec un dénouement heureux, mettent en lumière la dépendance des femmes à l'égard du mariage pour obtenir statut social et sécurité économique.

Lady Susan est l'un de ses premiers romans, probablement écrit en 1793 ou 1794, lorsqu'elle a 18 ou 19 ans. La forme épistolaire retenue par Jane Austen est un genre littéraire apprécié au XVIIIème siècle, également utilisée par l'auteur pour la première version de Sense and Sensibility, appelé alors Elinor et Marianne.

  Extraits de la biographie de Jane Austen sur Wikipédia. 

 

Ma lecture :  coupdecoeur


Deuxième coup de coeur depuis l'ouverture de ce blog. Après Wilkie Collins, voici Jane Austen. Pas plus que le premier je ne connaissais la seconde. Mais j'ai cédé à l'invitation du  blogoclub et grand bien m'en a pris ! J'ai trouvé beaucoup de similitudes entre ces deux romans. D'abord l'époque, fin XVIIIème, début XIXème. Tous deux décrivent l'aristocratie britannique, à quelques décennies d'intervalle. Dans les deux ouvrages encore, nous suivons l'histoire de deux femmes qui cherchent à faire leur place dans le monde, et qui sont prêtes à employer tous les moyens à leur disposition. Enfin, si le  Sans Nom de Wilkie Collins n'était pas exclusivement un roman épistolaire, il utilisait ce mode narratif aussi bien que le Lady Susan de Jane Austen.

Dans ce premier roman de Jane Austen, l'ensemble de l'intrigue est construite autour des lettres échangées entre les protagonistes. Si les deux premières lettres m'ont un peu surprise de par la langue employée (n'oublions pas que Jane Austen écrit à la fin du XVIIIème siècle), les suivantes auront été englouties d'une seule traite ! Les 115 pages du roman m'auront tenue en halène une soirée durant.

On suit avec stupeur l'effronterie de Lady Susan en se demandant comment cette histoire pourra bien se terminer. Les caractères y sont maginifiquement décrit, avec une force particulière pour les personnages féminins. Les hommes, dans ce roman, sont plutôt en retrait ; faibles ou sots, ils font pâle figure aux côtés de leurs épouses et soeurs.

La langue utilisée est particulièrement savoureuse. D'une autre époque, elle est agréable à entendre.

 

Ce premier roman m'a permis de découvrir Jane Austen, "grand écrivain anglais", dont les ouvrages majeurs que sont "Le coeur et la raison", "Orgueil et préjugés" ou "Northanger Abbey" ne devraient pas tarder à rejoindre ma bibliothèque. Je pense que je vais musarder sur la blogosphère pour décider lequel sera le premier.

 

 

Extraits :


"Ma chère soeur, Je vous félicite, M. Vernon et vous, d'être sur le point de recevoir en votre famille la coquette la plus achevée d'Angleterre. Une remarquable hardiesse avec l'autre sexe est ce qu'on m'a toujours appris à lui reconnaître. Mais j'ai eu dernièrement l'occasion d'entendre parler de certains détails de sa conduite à Langford qui prouvent qu'elle ne se borne pas à la sorte d'effronterie tranquille qui suffit à la plupart, mais aspire au plaisir plus délicat de plonger toute une famille dans la détresse." (Lady Susan - Jane Austen - Ed. Gallimard - page 16)

 

"... J'ai fait sentir au jeune homme quel était mon pouvoir et puis maintenant goûter le plaisir de triompher d'un esprit préparé à ne pas m'aimer et prévenu contre toutes mes actions passéées. Sa soeur aussi, j'espère, est convaincue du peu d'effet que peuvent avoir les allégations mesquines d'une personne aux dépens d'une autre, lorsqu'elles se heurtent à l'influence directe de l'intelligence et des manières. Je vois à l'évidence qu'elle est inquiète des progrès que j'ai faits dans l'estime de son frère, et j'en conclus que je dois m'attendre à tout de sa part pour me contrecarrer." (Lady Susan - Jane Austen - Ed. Gallimard - page 31)

 

Lady Susan - Jane Austen - Editions Gallimard, Folio 2€ - 11 mai 2006 - ISBN 978-2070337569

 

 

**********

 

Lecture réalisée dans le cadre du  Blogoclub de  Lisa et  Sylire, dont le thème était le Roman épistolaire.

 

Il s'agit également d'une lecture qui me permet de clore le défi proposé par  Opaline, La Plume au féminin et de débuter le challenge initié par  Valérie, Lectures en tout genre.

 

   La Plume au féminin2  lecturesgenre

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 19:00

Présentation de l'éditeur :

 

51zgQKQzOxL SL500 AA300Juillet 1209 : Dans la cité de Carcassonne, Alaïs, jeune fille de 17 ans reçoit de son père un manuscrit qui, prétend-il, recèle le secret du véritable Graal. Bien qu’elle n’en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d’en assurer la protection. Elle doit, au prix d’une foi inébranlable et de grands sacrifices, préserver le secret du labyrinthe, secret issu des sables de l’ancienne Egypte voilà plusieurs milliers d’années. Juillet 2005 : Lors de fouilles archéologiques aux environs de Carcassonne, Alice Tanner, trébuche sur deux squelettes. Dans la grotte où gisent ces ossements, elle découvre un langage ancien, mais qu’il lui semble possible de déchiffrer, gravé dans la roche. Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu’elle vient de déclencher une succession d’événements terrifiants. Son destin est désormais lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant.

 

 

Ma lecture : 

 

Un livre comme je les adore !!!!

Cet ouvrage de quelques 820 pages comprend tout ce que j'aime dans un roman : deux histoires que l'on suit en parallèle et qui, on s'en doute, finissent par se rejoindre ; l'une de ces histoires se déroule au moyen-âge, dans la cité de Carcassonne ; la petite histoire côtoie la grande Histoire qui nous est ici développée avec moulte détails et un plaisir non dissimulé (les Cathares, les croisades, l'Inquisition, ...) ; le surnaturel est également présent sans l'être trop, avec les sociétés secrètes, le Graal des Cathares, leur trésor aussi, ...

Je suis toujours passionnée par les romans historiques. J'avais découvert ce style de lecture avec la saga des Fortunes de France de Robert Merle : plongée dans les premiers tomes je m'en étais cependant éloignée quand l'histoire des héros avait pris le pas sur l'Histoire de France. Ici, l'équilibre est maintenu tout au long du livre, avec même un cours d'histoire sur l'Inquisition vers la fin du livre où l'un des personnage, écrivain lui-même, retrace les évènements pour la jeune Alice.

L'histoire d'Alaïs est celle qui m'a le plus emportée, celle d'Alice m'étant apparue moins riche, même si on se laisse quand même entraîner.

Un livre tout à fait passionnant qui m'a redonné envie d'aller visiter la région mais aussi d'approfondir un peu cette période de l'histoire de France, à l'époque où le pays d'oc n'était pas encore français. Gageons qu'avec de telles lectures, les collégiens s'enthousiasmeraient plus pour leurs cours d'histoire et retiendraient les dates sans même y songer !!!

 

 

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 20:06

Présentation de l'éditeur :

Bienvenue au Centre d'Incubation et de Conditionnement de Londres-Central. A gauche, les couveuses où l'homme410ZV9PE4QL SS500 moderne, artificiellement fécondé, attend de rejoindre une société parfaite. A droite: la salle de conditionnement où chaque enfant subit les stimuli qui feront plus tard son bonheur. Tel foetus sera Alpha - l'élite - tel autre Epsilon - la caste inférieure. Miracle technologique : ici commence un monde parfait, biologiquement programmé pour la stabilité éternelle ...

La visite est à peine terminée que déjà certains ricanent. Se pourrait-il qu'avant l'avènement de l'Etat Mondial, l'être humain ait été issu d'un père et d'une mère ? Incroyable, dégoûtant ... mais vrai. Dans une réserve du Nouveau Mexique, un homme sauvage a échappé au programme. Bientôt, il devra choisir: intégrer cette nouvelle condition ou persister dans sa démence ...

 

Ma lecture :       

Selon moi un livre plein de promesses qui nous conduit vers une réflexion sur la nature de notre société, sur son évolution et son avenir, plus ou moins proche ... Mais promesse non tenue ... Le futur m'est apparu trop éloigné de notre présent pour être simplement crédible ... à moins qu'il ne soit trop proche ... on peut d'ailleurs se poser la question quand on avise les personnages et leur total manque de sens critique. Un monde si lisse, sans passions, qu'il en est désespérant. Ce monde du futur m'a semblé beaucoup trop asceptisé, trop blanc, trop SF à mon goût. On a du mal à se sentir proche des personnages et à partager leurs sentiments, ou plutôt leur absence de sentiments. Leur perception du monde est en telle opposition avec celle qui est la notre, leurs sentiments sont si éloignés, qu'il m'a été difficile de ressentir une quelconque empathie.

Quant aux sauvages de la réserve, ils m'ont déçue aussi. Trop "sauvage". Je m'attendais à trouver dans cette réserve des humains rescapés de notre monde actuel, ou du moins de celui de Aldous Huxley. Au lieu de cela, on tombe dans une véritable réserve primitive, caricaturée avec ces cérémonies et transes, ces corps peints, ... On se retrouve dans une réserve de la fin du XIXème siècle ... Ou du XXIème siècle. Mais quel intérêt de rapprocher ces cultures de ce qui pourrait être notre futur ? Huxley aurait obtenu le même résultat, à mon avis avec beaucoup de force, en rapprochant ces hommes du futur de ceux des années 30.

Cet écart manque de subtilité à mon goût, mais aussi de réalisme. L'importance accordée en fin d'ouvrage, à Dieu, à la religiosité, nous place à côté de toute réflexion sociale. Une réflexion qui aurait pu être sociale, philosophique, se place délibérément, et uniquement, sur le plan spirituel. Une bataille entre le Dieu des chrétiens et celui des hommes du futur (Ford ...). Je n'attendais pas cela de ce livre.

 

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 09:00

Présentation de l'éditeur :

 

Après quelques premières expéditions, Robinson Crusoé, marin d'York, s'embarque pour la Guinée le 1er septembre 1659. Mais le bateau essuie une si forte tempête qu'il dérive pendant plusieurs jours et finalement fait naufrage au nord du Brésil. Seul survivant, Robinson parvient à gagner une île située au large de l'Orénoque où il va peu à peu s'assurer une subsistance convenable : il y restera près de vingt-huit ans, d'abord seul, puis accompagné d'un fidèle indigène qu'il baptise Vendredi. Inspiré de l'aventure réelle d'un marin écossais, le roman que Defoe fait paraître en 1719 connaît un succès foudroyant qui ne s'est plus démenti. Si James Joyce fera plus tard de Defoe le " père du roman anglais ", ce n'est pas seulement que l'auteur innove en prétendant offrir un authentique manuscrit retrouvé par l'éditeur. C'est aussi qu'il crée un héros différent : homme ordinaire qui raconte son histoire extraordinaire simplement, comme il l'a vécue, Robinson touche tous les lecteurs. Et cette histoire devient un mythe que d'innombrables écrivains s'attacheront à récrire.

 

 

Ma lecture :  

 

Comme beaucoup sans doute, je connaissais cette histoire, mais je ne me souvenais pas l'avoir réellement lue ... C'est chose faite aujourd'hui. Une lecture fluide, une oeuvre dans laquelle on entre facilement. Mais une histoire somme toute assez lisse au regard des circonstances : on peut se demander comment le héro, avec la chance qu'il a, n'a pas trouvé le moyen de sortir de son île avant ces 27 longues années. Car en effet, tout réussit à Robinson : il a beau se trouver dans des situations très périlleuses, il s'en sort toujours sans trop de complications. Un petite frayeur au moment du naufrage, une autre quand il tombe malade ou quand la terre tremble ... Mais sinon, son installation sur l'île s'organise à merveille. Avec l'arrivée d'autres êtres humains prend fin, pour moi, tout l'intérêt de ce livre : Robinson apparaît à nouveau comme un héro dans tout son prestige, sans vraiment d'états d'âme, qui est resté un anglais bourgeois du XVIIIème avec sa morale, sa religion, sa vision du sauvage ... et ce malgré ces 27 années passées seul sur cette île. Il retrouve d'ailleurs sa vie paisible en Angleterre comme si rien ne s'était passé : on pourrait supposer qu'une telle expérience laisserait plus de traces ... Un classique à découvrir (ou re-découvrir) pour ce qu'il est, un roman publié en 1719.

 

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 19:23

Un vrai plaisir ! Un échange passionnant de courriers entre une jeune auteure et les membres d'un cercle littéraire de Guernesey.
51KCLqLYGNL SL500 AA240Présentation de l'éditeur : Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

Mon point de lecture : Le début m'est apparu un peu fastidieux : beaucoup de courriers et de personnages, pas toujours facile de s'y retrouver. Le principe d'écriture n'est pas non plus habituel. On est habitué aux chapitres alternés entre deux protagonistes d'une même histoire, tel les livres de Marc Lévy ou de Stieg Larsson. Mais là, que de monde et chacun s'écrit, et réciproquement . Mais finalement, au bout de 4-5 lettres échangées, on a compris le principe et l'ouvrage se révèle un vrai plaisir de lecture !! Le sujet part de quelque chose de léger (l'écriture d'un livre) et, surprise, glisse doucement vers un sujet beaucoup plus grave (la seconde guerre mondiale), tout cela pimenté par des histoires d'amour et d'amitié sincères. J'adore ! On y prend tellement de plaisir. Je le recommande vivement : pour passer un bon moment plein de légèreté.

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 07:54

Qui ne connaît pas Lewis Carroll et son adorable petite Alice, au Pays de Merveilles !!
Les "Aventures d'Alice sous Terre" ont été écrites de 1862 à 1864 par Charles Dodgson, alias Lewis Carroll, à l'attention de la petite Alice Liddell. Dodgson était alors le photographe des enfants de la famille Liddell. Tout le monde connaît l'histoire d'Alice courrant après le lapin blanc, toujours en retard ; Alice qui grandit ou diminue au gré 51FW+IeWBjL SS500des gâteaux qu'elle goûte ; la rencontre avec la Dame de Coeur qui souhaite décapiter tout son entourage ; ...
Mais on connaît peut-être moins "De l'autre côté du miroir", l'autre nouvelle dans laquelle la rêveuse Alice entre en jeu. Et on peut réellement parler de jeu puisque Alice se retrouve au coeur d'une véritable partie d'échecs ! Tout aussi surnaturelle et farfelue que sa rencontre avec le lapin blanc ou son thé de non -anniversaire dans "Alice au pays des merveilles" !
Dans cette seconde nouvelle, Alice choisit de traverser le Miroir du salon pour voir ce qui s'y passe. Elle commence par rencontrer les rois et reines blancs et rouges. Puis se sont des fleurs qui parlent, des insectes qui lui chuchottent à l'oreille, Tralali et Tralalère qui lui récitent un poème à n'en plus finir sur un Morse et un Charpentier, un oeuf qui se transforme en Rondu-Pondu et qui lui récite également un poème, ... Tout cela pour se terminer par la promotion du pion Alice en Dame, cela en case D8, et sa rencontre avec les Reines blanche et rouge au cours d'un festin de couronnement !
Ne cherchez pas la logique, nous sommes en plein rêve !!! Contentez-vous de suivre les aventures d'Alice comme vous l'avez fait lorsqu'elle se trouvait au Pays des Merveilles.
Et pour rêver encore un peu, vous pourrez vous précipiter dans les salles obscures à partir du 7 avril 2010 pour voir l'adaptation d'Alice au Pays des Merveilles réalisée par Tim Burton, avec Johnny Deep en Chapelier !
Bonne lecture !

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:01

Un classique :
La ferme des animaux telle une mise en scène de la communauté des hommes. On se dit tout au long du livre : "mais pourquoi aucun d'entre eux ne réagit !!!!"
Un livre dans l'esprit de La Vague de Todd Strasser.
Cela nous donne quand même une drôle d'image de l'humanité ...
"La Ferme, inspirée par le mythe soviétique, raconte sur le mode de la fable animalière la montée d'une petite clique au pouvoir par confiscation progressive des acquis de "la révolution", retournement systématique des principes de base, tromperie sur la ligne politique réelle, élimination physique des rivaux, triomphe organisé d'un seul homme, culte du chef."

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  • : J'ai souhaité placer sous de bons auspices ce blog dédié aux livres et à mes lectures. Itzamna est une importante divinité du panthéon Maya. Dieu du ciel, du jour et de la nuit, il a aussi inventé l'écriture et les livres.
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