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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 22:12

D.HeldtPrésentation de l'éditeur :

 

« - C'est juste pour deux petites semaines.
Dès le début de la conversation téléphonique, une boule d'appréhension me nouait l'estomac.
Et puis c'est ton père, après tout, reprit ma mère. N'importe quelle fillette se réjouirait d'une telle nouvelle.
- Maman, qu'est-ce que tu entends par fillette ? Dois-je te rappeler que j'ai 45 ans ! »


Christine s'apprête à partir en vacances sur l'île Norderney (en Frise orientale, au nord de l'Allemagne) pour aider son amie Marlène à rénover sa pension de famille.
Mais sa mère, qui doit se faire opérer du genou, lui demande d'emmener avec elle son père. Problème : Christine a 45 ans, son père 73, et - surtout - il est du genre à se mêler de tout !
Il donne son avis à tout moment, critique l'aménagement de la pension, apostrophe sans cesse les autres vacanciers. Et puis il s'est aussi mis en tête que le jeune homme qui plaît à sa fille n'est tout simplement qu'un « escroc au mariage » !
Bonnes vacances, Christine !

 

Ma lecture :  

 

En lisant la présentation de cet ouvrage, je me suis dit de c'était là une bonne idée de lecture pour les vacances. Un petit roman sympatique et plein de fraîcheur. Une histoire sur les relations père-fille dans laquelle j'espérais pouvoir me retrouver, et retrouver aussi un peu de mon papa à moi. D'autant que ce livre a figuré 61 semaines d'affilée dans la liste des meilleures ventes du Spiegel et que le Frankfurter Neue Presse nous présente ce livre comme capable de "faire jaillir les larmes de rire !" Les perspectives étaient réjouissantes.

 

Hélas ! Le passage de Wilkie Collins à Dora Heldt ne s'est pas fait sans dommages. Je ne me suis pas retrouvée dans Christine, mais surtout, je n'ai jamais retrouvé mon père dans Heinz. Heureusement d'ailleurs !!

 

Dès les premières, l'image qui est donnée de Heinz, le père de Christine, est pour le moins déconcertante (cf l'extrait ci-dessous, page 9). Ce passage est issu d'un échange entre Christine et sa mère durant lequel Mme Schmidt tente de convaincre sa fille d'emporter son père dans ses bagages. Mais en lisant ses arguments, je me suis demandée de qui elle était en train de parler : de son époux ? ou d'un gamin d'une petite dizaine d'année, d'un vieillard à demi-sénile voire même d'un animal de compagnie ? A aucun moment, Heinz ne donne l'image d'un père ou d'un époux. Christine ne nous raconte que très brièvement son enfance. De ce fait, et au regard de leurs relations présentes, on se demande si Heinz a un jour tenu son rôle de père ; si un jour, il a été autre chose que ce boulet décrit par sa femme et sa fille. L'enfance et l'adolescence de Christine, même si elles ont pu être parfois houleuses, ne semblent pas lui avoir laissé un si mauvais souvenir. Et cependant, je n'ai cessé de me demander comment père et fille pouvaient paraître aussi étrangers l'un à l'autre.

 

Ce qui m'a manqué dans la description des relations entre Christine et son père, Heinz, c'est un minimum d'émotions. Christine et sa mère parlent toutes deux de lui comme d'une personne pour laquelle elles n'auraient pas de sentiments. Comme de quelqu'un, ou même de quelque chose, qui ne serait qu'un éternel fardeau. Tout au long des pages de ce livre, j'ai cherché un peu d'humanité. Le peu que j'ai pu y trouver, c'est Heinz qui l'a fait naître : dans ses attentions pour sa fille et dans ses relations avec ses amis, dans ses pensées envers sa femme et sa gentillesse auprès des deux petites filles de la famille Berg. Même les relations entre Christine et ses amies manquent de profondeur, de spontanéité et d'émotions. Jamais de franches rigolades, de bavardages entre filles, de sorties, de ces instants de folie que l'on peut rencontrer entre des amis de longue date ... Certes, papa rode, mais quand même ! J'ai trouvé Christine plutôt froide et sans beaucoup d'émotions.

Finalement, tout ça manque cruellement de réalisme.

 

Le langage utilisé m'est également apparu un peu facile. La succession de dialogues simples complétée par une description succinte des faits et gestes de chacun des acteurs m'a quelque peu ennuyée. L'exemple ci-dessous est révélateur du style du roman :

 

"Lorsque Marlène, Dorothée et moi apportâmes les coupes et les bouteilles, nos compères avaient déjà élaboré le plan de table. Mon père se trouvait entre Margarete et Hubert et en face de Johann, qui m'avait gardé une place. Onno, Kalli et Carsten étaient assis côte à côte, en face de Gesa, Nils et la mère de ce dernier. Theda, à la gauche de Marlène, parlait très fort, mais pas assez pour couvrir la voix de mon père.

   - Ta nièce aurait été débordée, Theda. Les filles ne s'en seraient jamais sorties sans nous. Rien que surveiller les ouvrires ...

   - Il reste des petits fours ? demanda Onno.

Gesa se leva pour aller voir. Je distribuai les verres et m'assis. Mon père se tourna vers moi.

   - Alors, mon enfant ? Tu vois, tout a fini par s'arranger. Je t'avais dit qu'il ne fallait pas baisser les bras. Tu étais si triste ... Ca m'a littéralement brisé le coeur de la voir comme ça, ajouta-t-il à l'attention de Hubert. C'est insupportable de voir son enfant dans cet état."  (Vacances avec papa - Dora Heldt - l'Archipel éditions - page 346)

 

A contrario, cette facilité induit également une aisance dans la lecture. Ce qui est un atout de tout roman estival.

 

Les seuls éléments qui, pour moi, peuvent laisser une image positive, sans pour autant sauver l'impression générale, sont la survenue de Gisbert von Meyer, journaliste de pacotille, et de Johann Thiess, "l'escroc au mariage" présumé. Le premier distille un peu de fraîcheur et de vivacité dans ce récit un peu engourdi. Le second introduit un élément de suspens qui m'a permis de venir à bout du roman. Le dénouement un peu simpliste reste cependant à l'image de reste du roman.

 

En conclusion, je suis déçue par ce roman et n'arrive pas vraiment à comprendre ce qui a pu le maintenir ainsi dans les hits parades allemands. Peut-être ces références incessantes à de vieux tubes musicaux germaniques ont-elles séduit nos voisins allemands ? Pour ma part, je n'y connais rien et ce ne sont pas ces renvois qui auraient pu m'appâter. Dommage. Je suis passée à côté de ce roman.

 

Je tiens néanmoins à remercier bibliofolie-2011-logo-1501 de nous avoir proposé ce partenariat, et les éditions archipel pour s'être prêtées au jeu des critiques et pour m'avoir généreusement envoyé cet ouvrage.

 

Pour d'autres avis, je vous invite à lire les billets de Kittywake, Amélie, Lydia et Hécléa, les autres participants de ce partenariat et à tous les retrouver autour du 20 août sur le site de Bibliofolie.

 

 

Extraits :

 

" - Justement, il ne demande pas beaucoup d'attention. Il est parfaitement autonome. Et, après tout, vous serez bien obligées de vous préparer à manger, donc vous en profiterez pour lui donner un petit quelque chose. Le soir, il se contente d'un repas léger, et vous pourrez lui acheter des gâteaux pour le goûter, histoire de ne pas donner trop de travail à Marlène." (Vacances avec papa - Dora Heldt - l'Archipel éditions - page 9)

 

" Toutefois, mon père bondit. Juste au moment où il regardait discrètement par la fenêtre, Nils embrassa Dorothée.

  - Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Tu as vu ? Kalli, Onno, ce Nils est en train de flirter avec Dorothée. Mais je rêve, quel toupet ! Fais quelque chose, Christine !

  - S'il te plaît, papa, ne commence pas. "   (Vacances avec papa - Dora Heldt - l'Archipel éditions - page 134)

 

" Après le déjeuner, Onno, Carsten et moi retournâmes au bistrot. Toujours aucune trace de mon père ni de Kalli. Marlène était dans son bureau en train d'organiser la livraison des meubles prévue pour le lendemain. Onno alluma la radio et Carsten monta sur l'échelle au son de "Je me cherche un cow-boy" de Gitte Haening. Je décrétai deux années d'embargo sur la variété allemande, avant de tourner le dos aux autres pour rédiger un SMS." (Vacances avec papa - Dora Heldt - l'Archipel éditions - page 270)

 

Vacances avec papa - Dora Heldt (Traduction Penny Lewis) - Editions l'Archipel - 15 juin 2011 - 350 pages - ISBN 978-2809805024

 

**********

 

Cet ouvrage a été lu dans le cadre d'un partenariat proposé par Bibliofolie et les éditions l'Archipel. Merci à eux.

 

bibliofolie-2011-logo-1501   archipel.gif

 

Il s'agit également du premier ouvrage de ma nouvelle série du défi La plume au féminin.

 

La Plume au féminin2

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commentaires

L'or des chambres 06/08/2011 22:00



Pas évident de reprendre après une pause-bébé !!! Pas évident en plus de laisser son tout-petit... Je te souhaite beaucoup de courage et des bisous pour tous les deux...



Gaëlle 08/08/2011 12:40



Merci. J'avais un peu prolongé puisque bébé a maintenant 6 mois ... Mais c'est dur quand même.



L'or des chambres 03/08/2011 14:47



(et une de plus dans mes favoris, une.... )



Gaëlle 05/08/2011 17:11



Merci !!! A bientôt



L'or des chambres 03/08/2011 14:46



Bon... et bien tant mieux (pour moi mais hélas pas pour toi) ce livre me tentait mais maintenant plus du tout... Une relation père-fille sans tendresse et humanitée et que l'image d'un fardeau :
non, pas pour moi... Dommage, la couverture était vraiment sympa...


Bel été à toi (de retour ou pas encore partie ?) bises



Gaëlle 05/08/2011 17:08



Je t'invite néanmoins à aller voir les autres critiques ... qui sont plus enthousiastes que la mienne : il en faut pour tous les goûts .


Pour ce qui est des vacances, je reprends lundi après une pause bébé de 7 mois ... Dur dur ...



Kittiwake 01/08/2011 21:24



Bonsoir Gaëlle


J'ai été un peu moins sévère que toi, mais il est vrai que Wilkie Collins est déjà loin pour moi, et que de plus je sortais de 2 autres romans qui m'avaient déçus (Le roman de l'été de
Nicolas Fargues et Boomerang de Tatiana de Rosnay). Je suis également certaine comme toi que le succès germanique est lié au contexte géographique et aux allusions musicales : cela crée
une connivence entre l'auteur et le lecteur, et rend indulgent. Le père m'a franchement insupporté et la fille m'a semblée bien nigaude, mais cela était nécessaire pour qu'il y ait une
histoire.



Gaëlle 02/08/2011 09:58



La fille nigaude et bien transparente, oui, mais le père m'a semblé plus sympatique : c'est le seul qui semblait avoir des sentiments, ce qui me l'a rendu attachant. J'ai vu ton commentaire :
heureusement que nous n'avons pas tous les mêmes goûts !!! ;-)



Opaline 01/08/2011 14:38



Merci pour ta participation et dommage que tu n'aies pas aimé ce livre.



Gaëlle 01/08/2011 19:00



Heureusement comme on dit, tous les goûts sont dans la nature ... C'est ce qui fait son charme ;-)



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