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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 00:01

ECOLE-DES-PARENTS.jpg Auteur : Yann Autret

Titre : L'école des parents

 

Poche : 63 pages

Editeur : Lire c'est partir

Jeunesse : à partir de 8 ans

 

Mon avis :

4 étoiles

 

 

 

Lire c'est partir est une association loi 1901 qui s'est donné pour objectif de favoriser l'accès à la lecture pour tous, en commençant par les plus jeunes. Et comment s'y prennent-ils ? En éditant des livres jeunesse vendus au prix de 0,75 €. Ils ne bénéficient d'aucune subvention et ne réalisent pas de bénéfices... Cela laisse songeur... Une amie m'avait transmis le lien il y a déjà un moment, et la semaine dernière, je suis tombée sur ce livre, posé sur le coin du bureau d'une de mes collègues.

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Chaque matin, je réveille papa et maman pour qu'ils ne soient pas en retard à l'école. L'important, c'est de leur apprendre la discipline aux parents. Je fais ça pour leur bien, ils me remercieront plus tard.

Comme d'habitude, ils traînent. Je les gronde un peu du haut de mes huit ans, qui ne sont pas bien hauts mais en montant sur une chaise, ça va mieux.

 

Ma lecture :

 

Une amie m'avait transmis le lien vers le site de cette association : Lire c'est partir.

J'avais adoré l'idée, me promettant d'y revenir bientôt choisir un livre. Et comme souvent, le temps a passé.

Et en rentrant de congés, je trouve sur le bureau d'une collègue ce petit livre édité par l'association. Vite lu et savouré !

Je ne sais pas si tous les ouvrages de cet éditeur singulier sont de la même qualité mais j'avoue avoir été séduite. Je ne suis pas très fan habituellement des livres pour enfants, ayant du mal à me sentir concernée. Mais cette fois-ci, tout m'a plu :

   - l'humour décapant de l'auteur Yann Autret,

   - le niveau de langage utilisé qui n'infantilise pas le jeune lecteur mais l'accompagne dans la compréhension grâce à des notes de bas de page tout aussi drôles que le texte lui-même,

   - les dessins de l'illustrateur (Yann Autret toujours) qui sont très percutants,

   - l'histoire en elle-même, qui concerne à la fois les enfants et leurs parents,

   - la réflexion qui est proposée, sur le thème de l'écologie et de la marche de notre pauvre monde,

   - la vision "retournée" de la société où les parents ont pris la place des enfants et vice versa,

   - la liberté qui est laissée au jeune lecteur de tirer une quelconque morale de l'histoire : l'auteur tend bien quelques perches mais n'impose rien.

 

Je vous invite vivement à découvrir ce livre, cet auteur (qui semble avoir publié pas mal, tant comme auteur que comme illustrateur) et cette association.

 

 

Quelques extraits :

 

"On va faire la classe, tiens ! En voilà une question ! lui répond aussi sec Lila, pas gênée, comme je disais plus haut, alors que moi, jamais je n'aurais eu ce sens de la répartie, et plus tard, quand je serai grand, je ne l'aurai pas non plus." (L'école des parents - Yann Autret - Editions Lire c'est partir - page 13)

 

"Des belligérants, ce sont des gens qui se battent, qui se font la guerre. Des ennemis, quoi. Ca vient du latin "bellum" qui veut dire "guerre", justement. Le latin, c'était la langue des Romains, à l'époque des Gaulois. On en apprend, des choses, dans ce livre..." (L'école des parents - Yann Autret - Editions Lire c'est partir - page 31 - note de bas de page)

 

 

**********

 

Une lecture qui convient parfaitement au rendez-vous proposé par Liyah : mercredi, journée des enfants.

Logo-2-Mercredi-journée-des-enfants-Les-lectures-de-Liyah

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 09:29

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Rendez-vous initié par Malou et à suivre chez Galleane

 

 

Ce que j'ai lu cette semaine :

   

Le potager des malfaiteurs...   

Ma première lecture de mon défi "lectures de l'été 2012".

 

Ce que je lis aujourd'hui :

 

l-Enfant.gif 

  Un livre dont le titre contiendra le mot ENFANT pour le challenge "un mot, des titres" proposé par Calypso,

 


Mes prochaines lectures :

 

"La Malédiction des colombes" de Louise Erdrich dans le cadre du Blogoclub.

 

Deux lettres sur l'individu, la société et la vertu - Jean-Jacques Rousseau

Dans le cadre de mon challenge 300 ans - Jean-Jacques Rousseau et de mon défi Les meilleures lectures pour l'été 2012

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 09:20

Le potager des malfaiteurs... Auteur : Arto Paasilinna

Titre : Le potager des malafaiteurs ayant échappé à la pendaison

 

Poche: 384 pages  

Editeur : Gallimard (15 mai 2012)  

Collection : Folio  

 

Mon avis :

2 étoiles

 

25ème roman de Arto Paasalinna, paru en Finlande en 1998 et dernier titre traduit en français à ce jour, Le potager des malafaiteurs ayant échappé à la pendaison témoigne du sens de l'humour de cet écrivain prolifique, auteur du Lièvre de Vatanen notamment, et de son intérêt pour les combats politiques et écologiques.

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

L'inspecteur principal Jalmari Jyllänketo est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l'ouest de la Laponie. Alors que des rumeurs font état de mystérieuses disparitions, il doit enquêter sur un ancien kolkhoze reconverti en une florissante exploitation agricole : les mines de fer sont devenues des champignonnières ; les terres marécageuses, des potagers bio. Accueilli par la jolie fille de la patronne, Jalmari Jyllänketo ne trouve d'abord rien qui justifie la suspicion des autorités, avant de s'étonner des importantes mesures de sécurité et de la mine patibulaire des ouvriers. Que cachent l'Etang aux Rennes et sa mystérieuse propriétaire ? Avec Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison, Arto Paasilinna mêle l'humour et le suspense à une subtile réflexion sur l'équité et la volonté de justice.

 

 

Ma lecture :   

 

Bof dirons-nous... Et franchement déçue par cette lecture dont le titre et la photo de couverture me laissaient tant espérer.

 

En fait, ma lecture se divise en deux temps : la première partie, celle d'avant les pages en double et la seconde, celle d'après les pages manquantes. Enigmatique ? Je vais vous expliquer...

En résumé, je n'ai pas vraiment compris l'intérêt de ce livre. Je n'ai pas trouvé le suspens annoncé en quatrième de couverture, et je cherche encore les traits d'humour.

 

La partie d'avant mes pages en double m'a terriblement ennuyée. Le rythme est lent. La langue utilisée est plutôt sans intérêt. Arto Paasilinna est un expert en descriptions et énumérations. Ce pourrait être intéressant si les listes de villes et bourgades énumérées m'étaient familières et si les sujets exposés me concernaient un peu... Mais rien de tout cela : les villes suédoises et finlandaises : je ne les connais pas. Les motos, les avions, les mines, les constructions de radeau... je n'y connais rien non plus et ça ne m'intéresse pas !

 

"Remontés dans le camion, ils foncèrent pied au plancher, longeant l'Ounasjoki jusqu'à Sinettä, d'où ils tournèrent vers l'ouest pour prendre, à une dizaine de kilomètres, une étroite route de terre menant à Nuasjärvi." (Le potager des malfaiteurs... - Arto Paasilinna - Folio - Editions Denoël - page 128). Et ces exemples se répètent sans fin, ce qui est particulièrement lassant. Si encore nous avions quelques photos de ces magnifiques endroits !

 

Nuasjarvi.jpg

 

 

Quant aux motos ou aux avions... j'ai sauté quelques paragraphes :

"Kasurinen, tout émoustillé, ne tenait plus en pace. Il sortit de sa poche de poitrine un carnet écorné qu'il consulta pour déclaré à Hihna-aapa que l'on pourrait par exemple songer à un Antonov An-8, qui était un avion de transport militaire russe conçu dans les années cinquante, d'un modèle déjà un peu ancien mais bien adapté aux besoins aéronautiques de l'Etang aux Rennes. Il avait noté les caractéristiques techniques de l'appareil : 30 mètres d'envergure, 26 mètres de long, poids à vide 21 tonnes. L'Antonov pouvait emporter 9 000 litres de carburant, et le même poids de charge utile." (Le potager des malfaiteurs... - Arto Paasilinna - Folio - Editions Denoël - page 150)

 

Ce sont ainsi les 6 pages qui suivent qui sont consacrées au choix du meilleur appareil possible... Et je ne vous mets pas de photos !

 

Je vous épargne également les longs dialogues en savolais, que j'ai pris la peine de lire au début mais que j'ai vite laissés tomber, la lecture en étant tellement fastidieuse (peut-être une question de traduction sur ce point).

 

Bref, ce livre me tombait des mains.

Heureusement, je suis arrivée après la page 192 à la page... 161 ! Non non non, me suis-je dit, je ne recommence pas ! J'avance donc et là, après ma seconde page 192, j'arrive directement en page 225 ! Un peu d'action...

Heureusement aussi, l'intrigue commençait à m'intéresser. L'action était plus rapide. Nos jardiniers avaient entrepris de kidnapper quelques industriels finlandais pour leur montrer ce qu'était la vie du travailleur... Notre agent de la sécurité nationale finlandaise commençait à se trouver empêtré dans ses contradictions... Bref, je commençais à me demander comment tout cela allait bien pouvoir se terminer.

 

kitkajoki-river-oulanka-finland_18562_600x450.jpg

 

Et effectivement, après échange de mon livre, j'ai dévoré les pages restantes. Mais la surprise n'a pas été au rendez-vous. Je me suis de nouveau ennuyée pendant l'épisode de la Berge des Fiançailles où nos deux amoureux construisent en une journée un super radeau de 10 mètres sur 6 pour emmener un avion...

 

Oui...

 

Voilà aussi mon problème avec ce livre : c'est qu'il y a beaucoup d'invraisemblances. C'est peut-être parce que cela se veut être une fable, comique... Mais je n'ai pas marché. Et à chaque nouvel épisode de ce genre, j'ai décroché un peu plus.

 

Ce livre se voudrait également être une fable politique : mais cet aspect m'a semblé trop peu travaillé pour marquer le lecteur.

 

En conclusion, je dirais que je suis passée à côté. J'attendais beaucoup de cette lecture et j'ai été déçue. Sur la blogosphère, les avis sont plutôt partagés , entre ceux qui ont été déçus et ceux qui ont été sensibles à l'humour finlandais. Je vous laisse juge, et attends vos avis !

 

**********

 

Il s'agissait là de ma première lecture réalisée dans le cadre de mon défi Les meilleures lectures de l'été 2012.

LeMagazineLittéraire HS

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 12:42

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Rendez-vous initié par Malou et à suivre chez Galleane

 

 

Ce que j'ai lu cette semaine :

   Discours sur les sciences   

Seconde lecture pour mon challenge 300 ans - Jean-Jacques Rousseau

 

Ce que je lis aujourd'hui :

 

Le potager des malfaiteurs...

 

Ma première lecture de mon défi "lectures de l'été 2012".

Enfin, je vais devoir suspendre ma lecture puisque les pages 161 à 192 sont en double mais qu'il me manque les pages 193 à 224... Pas pratique pour suivre l'histoire !

 


Mes prochaines lectures :

 

Un livre dont le titre contiendra le mot ENFANT pour le challenge "un mot, des titres" proposé par Calypso,

"La Malédiction des colombes" de Louise Erdrich dans le cadre du Blogoclub.

 

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 00:01

Discours-sur-les-sciences.jpgPrésentation de l'éditeur :

 

En 1749, l'Académie de Dijon met au concours la question suivante : "Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les moeurs." Alors qu'il va rendre visite à Diderot prisonnier à Vincennes, Rousseau feuillette le Mercure de France qui publie la question : « Si jamais quelque chose a ressemblé à une inspiration subite, écrira-t-il plus tard, c'est le mouvement qui se fit en moi à cette lecture ; tout à coup, je me sens l'esprit ébloui de mille lumières ; des foules d'idées vives s'y présentèrent à la fois avec une force et une confusion qui me jeta dans un trouble inexprimable. » A la question posée, il répond par la négative et l'Académie couronne son Discours qui connaît un succès foudroyant.

 

 

Ma lecture :   

 

Voici venue l'heure de mon second billet dans le cadre du challenge que je vous propose :  300 ans - Jean-Jacques Rousseau.

 

Si  les rêveries du promeneur solitaire doivent se mériter, on ne tarde pas à se trouver concerné par ce premier Discours.

 

L'édition que j'ai choisie comprend une présentation et des annotations de Jacques Berchtold, professeur de langue et littérature françaises à La Sorbonne et membre du programme scientifique autour de Jean-Jacques Rousseau. Sa contribution apporte une véritable plus-value : il est rare que j'aille au bout des présentation ainsi faites de textes importants, mais celle-ci m'a vraiment intéressée. Les notes sont également riches d'enseignement.

 

Le Discours lui, est construit en deux parties. Dans un premier temps, Rousseau présente sa position à travers des exemples historiques. Il ne fait pas mystère de l'orientation de sa démonstration, à total contre-courant des idées de ce siècle : selon lui, les sciences et les arts n'ont en aucun cas contribué à épurer les moeurs. Dans sa seconde partie, Jean-Jacques Rousseau développe son argumentaire en s'appuyant sur l'observation de la société de son temps. Cette partie est particulièrement riche et m'est apparue toujours d'une très grande actualité dans ses questionnements.

 

On perçoit bien dans ce Discours, l'un des premiers textes de Jean-Jacques Rousseau (texte écrit en 1750), et au moins celui qui apparaît comme fondateur, tout la substance de ce qui constituera les ouvrages qui suivront, que ce soit le Discours sur les fondements et l'origine de l'inégalité parmi les hommes, l'Emile ou Du contrat social, notamment. Le texte est particulièrement riche et nous interpelle sur bon nombre de questionnements.

 

J'ai pu noter, entre autres propositions, des remarques sur la place des sciences et des arts dans la société et particulièrement le rôle que peuvent leur faire jouer tant le gouvernement que les lois. Nous ne sommes pas loin du "panem et circenses" de la Rome antique. Faisant constamment référence aux Essais de Montaigne, Jean-Jacques Rousseau propose également une vision idéalisée (ou peut-être pas...) du sauvage, pur et heureux dans son ignorance.

 

Quelles leçons pourraient également en tirer nos gouvernants ! Celles-ci sont tellement nombreuses qu'il est difficile de les citer toutes. Je n'en relèverais qu'une seule :

"Quand Cinéas prit notre Sénat pour une assemblée de rois, il ne fut ébloui ni par une pompe vaine, ni par une élégance recherchée. Il n'y entendit point cette éloquence frivole, l'étude et le charme des hommes futiles. Que vit donc Cinéas de si majestueux ? Ô citoyens ! Il vit un spectacle que ne donneront jamais vos richesses ni tous vos arts ; le plus beau spectacle qui ait jamais paru sous le ciel, l'assemblée de deux cents hommes vertueux, dignes de commander à Rome et de gouverner sur la terre." (Discours sur les sciences et les arts - Jean-Jacques Rousseau - Edition Le Livre de Poche - page 47)

 

prométhée

 

La seconde partie est particulièrement dense. Chaque page m'a donné l'occasion de prendre des notes. Jean-Jacques Rousseau nous présente l'origine des sciences et des arts (les vices des Hommes selon lui), nous questionne sur leur utilité. Il insiste ensuite sur la relation nécessaire entre les sciences et les arts et le luxe, interroge à nouveau sur l'argent et le rôle décisionnaire du politique...

 

"Que nos politiques daignent suspendre leurs calculs pour réfléchir à ces exmples, et qu'ils apprennent une fois qu'on a de tout avec de l'argent, hormis des moeurs et des citoyens." (Discours sur les sciences et les arts - Jean-Jacques Rousseau - Edition Le Livre de Poche - page 59)

 

Il intervient ensuite sur le rôle de la femme, celui de l'école, sur la question de l'inégalité entre les hommes. Il met en balance les géomètres, physiciens, chimistes, poètes et musiciens... avec les citoyens, ceux "qui nous donnent du pain et qui donnent du lait à nos enfants." Il intervient enfin sur la place de l'écrit et de l'imprimerie dans nos sociétés.

 

La place du lecteur par rapport au texte de Rousseau n'est pas si facile à trouver : parfois on partage son point de vue, à d'autres moment on doute...

 

J'ai hâte d'approfondir ma connaissance de l'auteur pour me forger une opinion solide. J'attends pour cela la livraison de deux nouveaux livres, dont une biographie de Jean Starobinski - Jean-Jacques Rousseau : la transparence et l'obstacle.

 

 

**********

JJRousseau

 

Voici donc ma seconde lecture réalisée dans le cadre du rendez-vous que je vous propose à l'occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau.

 

Si ce thème vous intéresse, Bina s'est elle penchée sur un livre de David Munnich qui propose une étude comparée entre le Discours sur les sciences et les arts de Rousseau et le Discours sur la servitude volontaire de La Boétie, publié clandestinement en 1574 à Genève.

 

Pour découvrir les billets des autres participants, je vous invite à consulter le billet de  présentation du challenge. Et je compte sur vous pour notre prochaine lecture : le 28 août.

 

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 00:01

Il pleuvait des oiseaux Présentation de l'éditeur :

 

Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d'un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l'Ontario au début du XXe siècle? On ne le saura pas. Boychuck, Tom et Charlie, dorénavant vieux, ont choisi de se retirer du monde. Ils vivent relativement heureux et ont même préparé leur mort. De fait, Boychuck n'est plus de ce monde au moment où s'amène la photographe. Tom et Charlie ignorent que la venue de la photographe boulversera leur vie. Les deux survivants feront la rencontre d'un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans, tous ses esprits, même si elle est internée depuis soixante-six ans. Elle arrivera sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était un peintre et que son uvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson. C'est dans ce décor que s'élabore Il pleuvait des oiseaux. Nous voici en plein coeur d'un drame historique, mais aussi pris par l'histoire d'hommes qui ont choisi la forêt. Trois êtres épris de liberté et qui ont fait un pacte avec la mort. Un superbe récit à la mesure du grand talent de Jocelyne Saucier.

 

Ma lecture :          coupdecoeur

 

Peu de coups de coeur dans ce blog, mais cela arrive quand même parfois. Il y a beaucoup de livres que j'apprécie, d'autres que j'aime vraiment beaucoup. Et parmi toutes ces lectures, se glissent parfois quelques perles. Ce livre en est une. Il m'a été envoyé par  Argali à l'occasion du  swap "Fais-moi plaisiiir !". Quelle belle idée.

 

En sortant l'ouvrage de son emballage, j'ai immédiatement été séduite par la qualité de l'édition : j'aime beaucoup ce type de livres, la qualité du papier. Néanmoins, la photo sur la couverture me laissait dubitative. Difficile à interpréter. Difficile de savoir ce qui m'attendait. Le titre ensuite... Pas beaucoup plus explicite. C'est le résumé en quatrième de couverture qui m'a conquise. Les choses ne me sont pas parues beaucoup plus claires, mais le mystère qui semblait entourer cette histoire m'a enthousiasmée. Le Canada d'abord, un pays que je ne connais pas mais qui me laisse rêveuse.  Des épisodes de grands incendies. Des personnages, vieillissants. Une photographe qui vient rencontrer un certain Boychuck, déjà mort à son arrivée. Une vieille femme au nom magique, internée depuis 66 ans... Je me demandais bien de quoi pouvait parler ce livre.

 

Pour faire simple, ce livre parle d'amour, de vie et de liberté ! Et nous donne une belle leçon, de vie justement.

Ce n'est pas un livre particulièrement joyeux, plutôt un livre mélancolique. Mais quelle réussite. Quelle beauté de l'écriture ! Car c'est la première chose à souligner : la qualité du texte. Madame Saucier aime la langue et les mots, et ça se voit. La lire est un vrai délice. Elle prend le temps et c'est également appréciable. Elle prend le temps de nous faire découvrir cette forêt, mais jamais nous ne trouvons le temps long.

 

"L'endroit était ravissant. La colline qui descendait en pente douce jusqu'au lac est couverte d'un vert puissant, une forêt de conifères qui absorbait la lumière de cette belle matinée de soleil et la répandait comme un long fleuve tranquille. C'était d'un calme majestueux. L'îlot de bicoques, logé dans une large éclairice de forêt au pied de la colline, était touchant de fragilité. Petit poste d'observation adossé aux remparts de la forêt, il avait l'immensité du lac qui s'offrait à lui. J'imaginais les matins de Boychuck à contempler tout cela."

 (Il pleuvait des oiseaux - Jocelyne Saucier - WYZ éditeur - page 31)

 

La construction du texte également est très agréable. Chaque chapitre est précédé d'une rapide présentation de ce qui va suivre. Une mise en situation. Ce n'est pas une redite, ni une introduction, mais un effet de style savoureux.

 

La langue utilisée est légère, même lorsque le sujet est grave. Car c'est de très vieilles personnes dont Jocelyne Saucier nous parle. Chacune d'entre elles vit ses derniers moments. Derniers jours ou dernières années. Et pourtant le ton n'est pas lourd. L'histoire est pleine d'espoir, de sérénité, de douceur... et d'amour. Le texte poétique, subtil. L'évocation de la nature est puissante, enchanteresse, presque magique.

 

L'histoire est souvent douloureuse. Ces Grands Feux dont Jocelyne Saucier nous parle sont les grands incendies du début du siècle qui ont eu lieu en Ontario, centre-est du Canada. J'ai découvert cette tragédie avec ce roman. Là encore, la plume de Jocelyne Saucier fait des merveilles. Elle nous fait partager l'horreur qu'ont connu les populations, sans pour autant tomber dans le pathos. Sans chercher à nous faire pleurer.

 

"Quatre hommes attendaient la venue des anges dans un étang. De l'eau jusqu'aux aisselles, de longues traînées boueuses sur le visage et de grands yeux hébétés, ils se croyaient les derniers humains de la terre. Avec eux dans la lumière dorée, un orignal qui avait trouvé refuge dans l'étang et, perché sur l'épaule du plus jeune d'entre eux, celui qui a raconté, un oiseau qui pépiait à s'égosiller.

Ils ont vu passer le jeune Boychuck."  

 (Il pleuvait des oiseaux - Jocelyne Saucier - WYZ éditeur - page 73)

 

Ce livre soulève plein de questions auxquelles il ne répond pas toujours. Cela laisse entre ce texte et son lecteur comme un fil qui les relie longtemps après la dernière page tournée. Je suis passée à d'autres lectures depuis, mais je reviens souvent à ce livre. Cette lecture est très certainement de celles qui m'auront marquée.

 

Merci à  Argali de m'avoir fait découvrir cette auteure.

 

Ontario1.jpg

 

Quelques extraits :

 

"Tous les matins, ils ont cette conversation, à quelques variantes près, qui ne les mène nulle part. Ce sont leurs derniers moments de solitude à eux deux, car très bientôt la communauté du lac s'adjoindra la minuscule petite vieille aux yeux de braise et la femme baraquée qui a pris prétexte de la légende Boychuck pour leur rendre visite." (Il pleuvait des oiseaux - Jocelyne Saucier - WYZ éditeur - page 65)

 

"La vieille dame avec ses cheveux mousseux et ses mains comme de la dentelle avait la fragilité d'un oisillon. Il avait l'impression qu'il lui suffirait de souffler dessus pour que l'oisillon tombe de son siège. Cette pensée le gêna. Plutôt que lui souffler dessus, il avait envie de la prendre au creux de sa main et de ramener l'oisillon à son nid. Une pensée qui l'intimida encore davantage." (Il pleuvait des oiseaux - Jocelyne Saucier - WYZ éditeur - page 87)

 

"La peur du loup est ancienne. Ce sont les puissances de la forêt qui s'éveillent dans la nuit et votre petitesse d'humain qui se recroqueville en un poing serré au fond de l'estomac." (Il pleuvait des oiseaux - Jocelyne Saucier - WYZ éditeur - page 150)

 

J'en reste là parce que la totalité des 179 pages de ce livres sont à relever.

 

 

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Une lecture que j'inscris au défi  La plume au féminin proposé par Opaline.

 

LaPlumeauféimin1

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 09:39

Nouvelle contribution au rendez-vous proposé par  Sophie. L'occasion de garder contact avec vous et de vous tenir informés de mes lectures... même quand le temps me manque pour actualiser les billets.

 

 

 

logo-mardi-31.jpg

 

 

Extrait de Discours sur les sciences et les arts - Jean-Jacques Rousseau

 

"Aujourd'hui que des recherches plus subtiles et un goût plus fin ont réduits l'art de plaire en principes, il règne dans nos moeurs une vile et trompeuse uniformité, et tous les esprits semblent avoir été jetés dans un même moule : sans cesse la politesse exige, la bienséance ordonne ; sans cesse on suit des usages, jamais son propre génie."

 

Une lecture inscrite dans le cadre du challenge que je vous propose : 300 ans - Jean-Jacques Rousseau.

 

 

Et vous, que lisez-vous en page 31 ?

 

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 00:01

Le secret Présentation de l'éditeur :

 

Emilie fut la seule à remarquer que son fils avait dans le regard quelque chose de nouveau, d'indéchiffrable, une lumière impalpable qui lui rappelait ce bonheur intérieur qu'elle-même ressentait lorsqu'elle allait visiter son propre secret. Elle sut que Pierre taisait l'essentiel, mais elle resta silencieuse. »
Que s'est-il donc passé dans la vieille vigne abandonnée où l'on a retrouvé Pierre Morin inanimé après deux jours d'absence ? Dans le village, tous s'interrogent, se passionnent, et cherchent à percer à tout prix son secret.
Avec ce récit captivant d'un genre tout à fait nouveau, aux frontières du conte philosophique et du roman à suspense, Frédéric Lenoir nous offre une parabole sur les choix et les valeurs essentielles de notre existence.

 

Ma lecture :  

 

Voici une lecture qui m'a séduite. Une histoire toute en légèreté, pleine de délicatesse.

Ce petit livre (157 pages) m'a été offert par Argali, dans le cadre de notre dernier swap. Cela faisait un moment que je pensais à découvrir cet auteur. J'aurai sans doute opté pour un roman ayant pour thème la religion. Peut-être l'un de ses livres écrits avec Violette Cabesos. Mais ne connaissant pas encore cet auteur, j'ai été ravie de découvrir ce livre dans mon colis.

Et je n'ai pas été déçue.

 

Argali m'a présenté ce titre comme un conte philosophique. Et c'est bien ainsi que je l'ai lu.

L'histoire est simple, fluide. Elle nous parle de Pierre et de sa mère, Emilie. De leur vie, simple et pleine d'amour, dans un environnement plutôt rude. On ne sait pas bien quand se déroule l'histoire. Ni où. Mais peu importe. Les vies de Pierre et d'Emilie, un peu en marge, nous intéressent. Leur sincérité, leur bonté, leur candeur même, nous les rendent attachant. Emilie a un secret. Pierre va également en protéger un. Et il sera prêt à tout sacrifier pour le défendre. On croisera alors les nobles du village, prêts également à tout pour découvrir ce que peut bien être ce secret. Très certainement un trésor inestimable !

 

"Vous ne vivez que pour l'argent. Vous vendriez vos filles pour de l'argent. L'argent est le seul dieu que vous adorez. Laissez-moi vivre en paix avec mon secret. Il ne vous rapportera pas un centime." (Le secret - Frédéric Lenoir - Le Livre de Poche - page 147)

 

Cette révolte exprimée par Pierre résume bien toute l'histoire. Elle traduit également bien des indignations de par le monde.

 

Quant à ce fameux secret... On ne pouvait s'attendre à rien de différent. Cela ne pouvait pas être autre chose. J'avais tellement peur, au fil de pages, d'être déçue par le dénouement. Je craignais qu'il soit "trop", disproportionné par rapport au reste du récit. Et bien non. Ce secret sonne très juste. Il est poétique même.

 

Une fois le livre fermé, on se prend à rêver... A rêver à ce que pourrait être un autre monde. Un monde où des Pierre pourraient avoir leurs secrets sans que personne ne s'en sente froissé. Sans que personne ne cherche à connaître à tout prix ce qui n'a pas de prix. Un monde où chacun serait libre de vivre comme bon lui semble. Un monde où celui qui fait le choix de la "simplicité volontaire" est respecté tout autant que celui qui veut accumuler tant et tant. Cette lecture m'a d'ailleurs donné envie de me replonger dans les textes de Henry David Thoreau, de réfléchir encore sur la véritable valeur des choses.

 

Merci Argali de m'avoir proposé cette lecture : toujours aussi surprise d'avoir été si bien cernée !

 

 

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:01

Ou-est-mon-tigre.jpg

Cela fait un moment que je n'ai pas participé au rendez-vous proposé par  Liyah : Mercredi, journée des enfants.

 

Cette fois-ci, je ne peux pas ne pas prendre le temps de vous proposer un petit billet sur le livre qui nous est arrivé ce matin par courrier.

 

En effet, Liyah organisait ces derniers mois un grand concours à l'occasion du 4ème anniversaire de son blog. Elle nous proposait de gagner tout un tas de livres, pour les petits et les jeunes (voire les moins jeunes...). De mon côté, j'ai opté pour des livres résolument jeunesse (pour ma petite puce de 17 mois) et c'est ce titre qui m'a été envoyé par les éditions Usborne.

 

 

Le colis est donc arrivé ce matin. Mon homme s'est jeté dessus, curieux comme pas deux. Mais il s'est vite ravisé en constatant qu'il ne s'agissait "que d'un livre" (pas de risque qu'il me pique les miens...). Quand Chloé a réalisé que c'était pour elle, elle lui a fait sa fête (au colis) ! Le carton vite expédié à l'autre bout de la pièce, elle s'est confortablement installée pour observer attentivement les 10 pages cartonnées que compte ce petit livre. Et là, nous avons détaillé le tigre (qui fait "Rrrrrr... !", si si... c'est Chloé qui le fait le mieux) : son museau (nez !), ses "oeilles", ses pattes, sa langue, ses dents et sa queue toute douce. Puis nous avons relu le même, en sens inverse, comme les japonnais, de la fin vers de début... puis de nouveau du début vers la fin... et... non, je ne vous le refais pas parce que ça a duré un bon moment ! Même à l'envers ça marche encore.

 

Bref, Chloé a adoré. Elle a même repéré le petit "ballon" en haut à droite sur la couverture (bon, ça n'a rien a voir avec l'histoire, mais c'est l'un de ses centres d'intérêts en ce moment... avec le vélo, mais là, il n'y en avait pas).

 

Donc un grand merci aux  éditions Usborne pour cet envoi, et à  Liyah pour l'organisation de ce concours et pour toutes les bonnes idées que je trouve régulièrement pour ma puce sur son blog (mes premiers achats de livres sonores, c'est grâce à elle et Chloé leur fait honneur).

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:01

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Rendez-vous initié par Malou et à suivre chez Galleane

 

 

Ce que j'ai lu cette semaine :

 

 

Le secret Il pleuvait des oiseaux

 

 

Deux titres qui m'ont été offerts par Argali dans le cadre du swap " Fais-moi plaisiiir !".

Deux lectures très riches, dont un véritable coup de coeur !

"Il pleuvait des oiseaux" de Jocelyne Saucier est une lecture commune entreprise avec Argali : le billet paraîtra le 27 juillet prochain. Vous avez le temps de vous joindre à nous : je ne pense pas que vous soyiez déçus...

 

Ce que je lis aujourd'hui :

 

Le potager des malfaiteurs...

 

Ma première lecture de mon défi "lectures de l'été 2012".

 


Mes prochaines lectures :

 

Je ne sais pas pour le moment...

 

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  • : J'ai souhaité placer sous de bons auspices ce blog dédié aux livres et à mes lectures. Itzamna est une importante divinité du panthéon Maya. Dieu du ciel, du jour et de la nuit, il a aussi inventé l'écriture et les livres.
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